8 Erreurs de pipetage qui faussent vos résultats
1. Choisir une pipette mal adaptée au volume à prélever
L’erreur
Utiliser une pipette dont la plage de volume n’est pas optimale pour le volume que vous souhaitez délivrer. Par exemple, prélever 10 µL avec une pipette calibrée pour la plage 100 – 1.000 µL.
Pourquoi ça pose problème ?
Plus le volume prélevé se rapproche du bas de la plage de la pipette, plus l’erreur systématique et l’erreur aléatoire augmentent. Une pipette utilisée en bas de sa plage est nettement moins précise que la même pipette utilisée près de son volume nominal.
La solution
Choisissez toujours une pipette dont le volume à prélever se situe dans le tiers supérieur de sa plage de volume.
2. Négliger l’ajustement entre le cône et la pipette
L’erreur
Utiliser des cônes qui ne sont pas spécifiquement validés pour votre modèle de pipette, ou les fixer sans vérifier leur bon maintien.
Pourquoi ça pose problème ?
La pipette et le cône forment un système complet. Une mauvaise étanchéité ou un cône qui ne tient pas fermement sur le corps de pipette entraîne des fuites et un volume d’air aspiré incorrect, donc des résultats faussés.
La solution
Utilisez uniquement des cônes compatibles et validés pour votre pipette. En cas de changement de type de cône, un nouvel étalonnage est nécessaire.
Quelques pipettes
3. Oublier de pré-mouiller le cône
L’erreur
Aspirer directement le volume sans pré-mouillage préalable, en particulier pour les petits volumes.
Pourquoi ça pose problème ?
Un cône « sec » modifie légèrement l’équilibre du coussin d’air à l’intérieur, ce qui peut entraîner une sous-aspiration lors du premier pipetage.
La solution
Pré-mouillez le cône 3 à 5 fois avec le liquide à pipeter avant de commencer la série de mesures. Respectez également la profondeur d’immersion et le temps d’attente recommandés, qui varient selon le volume prélevé.
4. Ne pas respecter l’angle et la profondeur d’immersion
L’erreur
Incliner la pipette pendant l’aspiration, ou immerger le cône trop profondément ou pas assez.
Pourquoi ça pose problème ?
Pour l’aspiration, la pipette doit être tenue verticalement afin de garantir une immersion homogène. Pour la distribution, elle doit être inclinée à 45° contre la paroi du récipient. Un mauvais angle ou une immersion incorrecte modifie le volume réellement aspiré.
La solution
Aspirez toujours à la verticale, et dispensez avec un angle de 45° en touchant la paroi du récipient. Adaptez la profondeur d’immersion au volume pipeté.
Quelques pipettes
5. Utiliser systématiquement le pipetage direct, même pour les liquides visqueux
L’erreur
Appliquer la technique de pipetage direct (« forward pipetting ») par défaut, quel que soit le type de liquide.
Pourquoi ça pose problème ?
Le pipetage direct est parfaitement adapté aux liquides aqueux, mais pas aux liquides visqueux : ceux-ci s’écoulent lentement et laissent des résidus sur les parois du cône, ce qui fausse le volume réellement délivré.
La solution
Pour les liquides visqueux, privilégiez le pipetage inversé (« reverse pipetting »), qui aspire un léger excès de volume pour compenser les résidus, et travaillez à vitesse lente et constante.
6. Ne pas adapter sa technique aux liquides moussants
L’erreur
Pipeter un liquide biologique, protéiné ou riche en détergent avec la même technique qu’un liquide aqueux classique.
Pourquoi ça pose problème ?
Ces liquides moussent facilement lors de la manipulation, ce qui rend le pipetage précis difficile et introduit de l’air dans le volume aspiré.
La solution
Utilisez le pipetage inversé, travaillez lentement, choisissez des cônes laissant suffisamment d’espace entre le filtre et l’échantillon, et évitez tout mélange excessif.
Quelques pipettes
7. Ignorer l’évaporation des liquides volatils
L’erreur
Pipeter un solvant ou un liquide volatil sans précaution particulière, comme s’il s’agissait d’eau.
Pourquoi ça pose problème ?
Une partie du liquide s’évapore pendant la manipulation, ce qui fausse le volume réellement délivré. Cette évaporation peut aussi faire gonfler le coussin d’air et provoquer un égouttement du cône.
La solution
Pré-mouillez le cône pour limiter l’évaporation et l’égouttement, privilégiez le pipetage inversé (l’évaporation se fera alors sur le volume excédentaire plutôt que sur l’échantillon), et travaillez à un rythme rapide mais régulier.
8. Négliger son ergonomie de travail
L’erreur
Pipeter pendant de longues périodes sans pause, dans une posture inconfortable (épaules relevées, coudes écartés, poignet tordu).
Pourquoi ça pose problème ?
Au-delà du risque de troubles musculo-squelettiques pour l’utilisateur, la fatigue et l’inconfort dégradent la régularité du geste : vitesse de pipetage irrégulière, pression inconstante sur le piston… autant de facteurs qui augmentent la variabilité des résultats.
La solution
Gardez les épaules et les coudes relâchés près du corps, alternez les postures assise/debout, faites des pauses régulières, et privilégiez une pipette légère, ergonomique, voire électronique pour les séries de pipetage longues.
Ce qu’il faut retenir
Une pipette bien choisie, une technique adaptée au type de liquide, et un geste régulier et confortable sont les meilleurs garants de résultats fiables et reproductibles.
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