Choisir sa pipette et la bonne technique de pipetage
Comment bien choisir sa pipette selon son application ?
Plusieurs critères doivent être pris en compte :
- Les volumes à pipeter
- La nature du liquide
- Le nombre d’échantillons
- La fréquence d’utilisation
- Les exigences d’exactitude et de précision
Choisir la bonne plage de volume
Une pipette offre généralement ses meilleures performances lorsque le volume utilisé se situe dans la partie haute de sa plage de fonctionnement.
Par exemple, pour pipeter 10 µl, une pipette de 1 à 10 µl sera généralement préférable à une pipette de 10 à 100 µl. Dans le second cas, le volume se situe tout en bas de la plage, là où l’erreur relative est plus importante. Ceci est bien visible dans le tableau ci-dessous :
| Plage de volume (µl) | Volume d’essai (µl) | Erreur systématique max. admissible (± %) | Erreur systématique max. admissible (± µl) | Erreur aléatoire max. admissible (± %) | Erreur aléatoire max. admissible (± µl) |
| 10 – 100 | 100 | 0,8 | 0,8 | 0,2 | 0,2 |
| 50 | 1,0 | 0,5 | 0,3 | 0,15 | |
| 10 | 3,0 | 0,3 | 1,0 | 0,1 | |
| 20 – 200 | 200 | 0,6 | 1,2 | 0,2 | 0,4 |
| 100 | 1,0 | 1,0 | 0,3 | 0,3 | |
| 20 | 2,5 | 0,5 | 0,9 | 0,18 | |
| 100 – 1.000 | 1.000 | 0,7 | 7,0 | 0,2 | 2,0 |
| 500 | 0,9 | 4,5 | 0,2 | 1,0 | |
| 100 | 3,0 | 3,0 | 0,6 | 0,6 |
Il est donc préférable de choisir une pipette adaptée au volume réellement utilisé plutôt que de chercher à couvrir toutes les manipulations avec un seul modèle.
Quelques pipettes
Déplacement d’air ou déplacement positif ?
La pipette à déplacement d’air est la plus courante. Un coussin d’air sépare le piston du liquide et elle convient parfaitement aux liquides aqueux.
Pour les liquides plus difficiles, notamment très visqueux ou très volatils, une pipette à déplacement positif peut être plus adaptée. Le piston étant directement en contact avec le liquide, les performances sont moins sensibles aux propriétés du produit.
Mécanique, électronique, monocanal ou multicanaux ?
Le choix dépend également de la fréquence et du type de manipulation.
Une pipette mécanique convient à la majorité des utilisations courantes. Pour les opérations répétitives, une pipette électronique peut réduire les efforts, limiter la variabilité entre les utilisateurs et proposer différents modes de pipetage.
Les pipettes multicanaux sont quant à elles particulièrement adaptées au travail sur microplaques et aux séries importantes.
Quelques pipettes
La pipette et la pointe : un système complet
Selon l’ISO 8655, la pipette et sa pointe forment un système complet. Les performances annoncées concernent donc une combinaison donnée entre une pipette et des pointes compatibles. Une pointe mal adaptée peut provoquer une mauvaise étanchéité, des fuites et une perte d’exactitude ou de répétabilité.

Pipetage direct ou pipetage inverse : quelle technique choisir ?
Pipetage direct
Le pipetage direct est la méthode standard pour les liquides aqueux. Le liquide est aspiré jusqu’au premier cran, puis entièrement distribué en utilisant le second cran pour expulser le volume restant dans la pointe.
Pipetage inverse
Le pipetage inverse consiste à aspirer un volume supérieur au volume souhaité, puis à ne distribuer que le volume défini. Une petite quantité de liquide reste donc dans la pointe. Cette technique est particulièrement intéressante pour les liquides visqueux ou moussants.
Comment adapter le pipetage aux différents types de liquides ?
Les pipettes à déplacement d’air sont généralement étalonnées avec de l’eau. Les liquides présentant une viscosité ou une volatilité différente peuvent donc nécessiter une adaptation de la technique.
Liquides visqueux
Les liquides visqueux, comme le glycérol ou certaines huiles, s’écoulent plus lentement que l’eau. Une aspiration trop rapide peut entraîner la formation de bulles ou un remplissage incomplet de la pointe.
Il est recommandé de :
- Pipeter lentement
- Laisser le temps au liquide d’entrer et de sortir de la pointe
- Utiliser le pipetage inverse lorsque l’application le permet
- Envisager le déplacement positif pour les viscosités élevées
Liquides volatils
Les liquides volatils peuvent s’évaporer dans la pointe et modifier le comportement du coussin d’air.
La pré-humidification de la pointe, qui consiste à aspirer puis distribuer plusieurs fois le liquide avant la mesure, permet de stabiliser les conditions de pipetage. Pour les liquides très volatils, le déplacement positif peut être envisagé.
Liquides moussants
Pour les liquides ayant tendance à mousser, il est préférable de pipeter lentement et d’éviter les mouvements brusques. Le pipetage inverse permet généralement de limiter la formation de bulles et d’améliorer la répétabilité.
Quelques pipettes
Les bonnes pratiques pour un pipetage fiable
Quelques gestes simples permettent d’améliorer les résultats :
- Maintenir la pipette aussi verticalement que possible pendant l’aspiration
- Respecter la profondeur d’immersion recommandée
- Aspirer et distribuer à une vitesse régulière
- Pré-humidifier la pointe lorsque nécessaire
- Éviter les écarts importants de température entre la pipette, les pointes et le liquide

La régularité du geste est essentielle : même avec une pipette performante, une technique différente d’une mesure à l’autre peut dégrader la répétabilité des résultats.
En résumé
| Situation | Solution recommandée |
| Liquide aqueux | Déplacement d’air + pipetage direct |
| Liquide visqueux | Pipetage inverse et vitesse lente |
| Liquide très visqueux | Déplacement positif |
| Liquide volatil | Pré-humidification de la pointe |
| Liquide très volatil | Déplacement positif à envisager |
| Liquide moussant | Pipetage inverse |
| Série répétitive | Pipette électronique |
| Travail sur microplaque | Pipette multicanaux |
Conclusion
Un pipetage fiable repose sur trois éléments : une pipette adaptée au volume et à l’application, des pointes compatibles et une technique adaptée au liquide manipulé.
Prendre en compte ces paramètres permet de réduire les erreurs et d’améliorer la répétabilité des analyses.








