Comment bien entretenir sa pipette ?
1. Nettoyer régulièrement
Au fil des pipetages, des résidus de liquide, poussières, protéines ou sels peuvent s’accumuler à l’intérieur comme à l’extérieur de la pipette. Un cône mal nettoyé favorise les contaminations croisées et peut, à terme, altérer la précision de l’instrument.
Action
Nettoyez l’extérieur de la pipette avec de l’éthanol à 70 %, en insistant sur le cône et autour des éventuels autocollants (hors étiquette d’étalonnage). Retirez le filtre du cône si votre pipette en est équipée, nettoyez-le ou remplacez-le, puis inspectez l’appareil : fissures, pièces manquantes ou défauts visibles doivent être signalés avant toute remise en service.

2. Distinguer nettoyage et décontamination
Ce sont deux étapes différentes, souvent confondues. Le nettoyage élimine les salissures visibles (poussière, protéines, tampons, sels). La décontamination, elle, vise à éliminer ou neutraliser les micro-organismes (virus, bactéries, champignons) ou les substances chimiques et radioactives.
Action
Adaptez la méthode à votre besoin réel : autoclavage, décontaminants chimiques ou peroxyde d’hydrogène vaporisé (VHP) pour la décontamination. Vérifiez toujours que la méthode choisie est compatible avec votre pipette : référez-vous aux recommandations du fabricant avant toute manipulation.
Quelques pipettes
3. Adopter un programme de maintenance à deux niveaux
Une pipette qui fonctionne « à l’œil » n’est pas une garantie de fiabilité. Sartorius recommande de structurer la maintenance en deux niveaux complémentaires.
Action
- Nettoyage courant : quotidien, hebdomadaire ou mensuel selon l’intensité d’utilisation.
- Maintenance complète / nettoyage approfondi : mensuel, trimestriel ou annuel, avec démontage partiel de l’instrument.
Dans certains cas, les exigences qualité imposent de vérifier la performance de la pipette avant de la démonter : on parle alors d’étalonnage « as-found », qui permet de documenter l’état réel de l’instrument avant intervention.
4. Vérifier régulièrement, entre deux étalonnages
Les intervalles d’étalonnage sont généralement longs (3 à 12 mois). Entre deux étalonnages, comment savoir si votre pipette délivre toujours le bon volume ? Sans vérification intermédiaire, une dérive peut passer inaperçue pendant plusieurs mois.
Action
Mettez en place un contrôle rapide, réalisé par l’utilisateur lui-même, à intervalles courts (d’un jour à un mois selon l’application). Quelques mesures sur une ou deux volumes suffisent généralement à donner un bon niveau de confiance. Ce contrôle ne remplace pas l’étalonnage, mais permet de détecter une anomalie plus tôt.
Pour ce contrôle, nous vous conseillons l’utilisation d’une balance avec kit d’étalonnage pour pipettes, par exemple :
Balances Sartorius Cubis II
5. Étalonner selon la norme ISO 8655
L’étalonnage compare les résultats de pipetage à un étalon traçable aux normes nationales et internationales. C’est la seule façon de garantir, de façon documentée, que votre pipette reste conforme aux exigences réglementaires (ISO 9001, ISO 17025, GLP, GMP…).
Action
Faites réaliser l’étalonnage à intervalles réguliers et après toute réparation, idéalement par un prestataire accrédité ISO 17025 : cette accréditation garantit que les résultats sont traçables et reconnus internationalement (accord de reconnaissance mutuelle entre organismes accréditeurs). Si un écart est constaté, la pipette doit être ajustée avant validation finale.

6. Repérer les signes de dégradation
Une pipette peut se dérégler pour plusieurs raisons : chute, torsion ou balancement lors de la fixation des cônes, aspiration accidentelle de liquide dans le corps de l’instrument, stockage à l’horizontale, manque de graissage régulier, ou simplement l’usure normale liée à l’utilisation.
Action
Dès qu’une anomalie est suspectée :
- Cessez d’utiliser la pipette.
- Marquez-la comme défectueuse (ou verrouillez-la électroniquement si elle le permet).
- Inspectez-la pour repérer d’éventuelles pièces cassées.
- Vérifiez ses fonctionnalités et sa performance.
- Envoyez-la en réparation et en étalonnage si nécessaire.

Une pipette négligée s’expose à une perte d’exactitude et de précision, à de la corrosion, à des fuites, à un risque de contamination des échantillons et, in fine, à des coûts supplémentaires et une durée de vie réduite.
Quelques pipettes
7. Choisir le bon cône, et ne pas le réutiliser
La norme ISO 8655 le rappelle : le cône et la pipette forment un système complet. Un cône mal adapté (mauvaise étanchéité, mauvais maintien) fausse les résultats, même avec une pipette parfaitement calibrée. Il n’existe d’ailleurs aucune spécification de performance pour un cône ou une pipette pris isolément.
Action
Utilisez systématiquement des cônes validés pour votre modèle de pipette et ne les réutilisez jamais. Si vous changez de type de cône, sachez qu’un nouvel étalonnage est nécessaire.

Ce qu’il faut retenir
- Nettoyez et entretenez votre pipette selon les recommandations du fabricant.
- Un nettoyage régulier limite le risque de contamination croisée.
- Seule une vérification et un étalonnage réguliers permettent de vraiment savoir comment se comporte votre pipette.
- L’environnement, l’équipement et les procédures ont tous un impact sur la fiabilité d’un étalonnage.
En résumé : entretien et étalonnage réguliers sont les deux piliers qui garantissent à la fois la fiabilité de vos résultats et la conformité de votre laboratoire aux exigences réglementaires.








